Chroniques romans, Témoignage/biographie

Dans l’enfer d’une prison équatorienne

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Titre: Dans l’enfer d’une prison équatorienne

Auteur: Daniel David Tibi

Éditeur: Mareuil éditions

Genre: Autobiographie

Pages: 400

 

4ème de couverture

L’histoire véridique de Daniel Tibi qui a passé à tort deux ans et demi dans une prison équatorienne.

Daniel Tibi, qui faisait commerce de pierres précieuses, témoigne sur ses deux ans et demi passés dans une prison équatorienne. L’auteur relate son retour en Equateur et sa réhabilitation dans le pays de ses anciens geôliers.

Mon Avis

Je tiens à remercier Babelio pour l’envoi de cet ouvrage. Je m’excuse auprès des lecteurs, je lis des sujets pas très gais en ce moment, malgré la période tendue que nous passons en France. Peut être un besoin de se dire qu’il y a pire et de relativiser ?

Cette autobiographie, c’est une bombe. C’est sur que moi quand je pense à une prison, je vois des cellule, une cours, de la dispute, des violences,… un peu comme dans prison break quoi, mais j’étais loin de m’imaginer ce qu’il pouvait se passer dans d’autres pays. Déjà qu’en général la justice est un sujet qui me touche, mais là… Daniel Tibi a passé quasiment 3ans dans un enfer sans nom pour… absolument rien. Quant aux conditions de détention ? Je n’avais jamais entendu parlé de pareille misère ! ce n’est pas une prison c’est une ville, organisée, gérée par les prisonniers les plus riches ou les plus populaires. Des familles entières y vivent. Le tout avec l’aval du directeur et des gardiens qui ne voient absolument rien en échange de quelques dollars.

L’auteur est un homme français, Daniel Tibi. Je n’ai pas connu son histoire, j’étais trop petite à l’époque des faits. Son espoir en l’humain, ses capacités à s’adapter à toute situation, son sang froid m’ont rendue complètement ahurie. Il se retrouve en plein milieu de personnes que je préférerai éviter de croiser, il se fait torturer, volé, il est contraint de vivre dans une promiscuité, une insalubrité déroutante. Mais il combat, il avance ! Bien sur il se reproche de changer, de devenir violent, mais il n’avait pas le choix… autre que celui de mourir. Il a préféré survivre, pour sortir de là et dénoncer le fait qu’il n’avait rien à y faire, et qu’il n’était pas le seul. Il a fallu 2ans et demi pour que son pays, la France, parvienne à le faire sortir de là. 2ans et demi durant lesquels il va aller de déceptions en désillusions. Néanmoins, de par son esprit débrouillard, son métier peu commun de négociateur dans la vente de pierres précieuses, il va s’en sortir. A quel prix ?

Souvent durant ma lecture, j’ai essayé de m’imaginer rien que quelques minutes à la place de l’auteur. C’était insoutenable. La justice n’existait pas pour lui, que ce soit pour son procès qu’il n’a pas eu, ou durant son séjour en prison. Juste la loi du plus fort, du plus ingénieux. J’ai été bouleversée par ses sentiments, car l’auteur nous conte combien il lui a été difficile de se voir devenir quelqu’un d’autre. Qu’il ne pouvait empêcher ces changements et qu’il en avait peur. C’est prenant. Il y a même des photos qui démontre sans aucun doute possible l’horreur que cet homme à vécu. Un tel témoignage ne peut que me pousser à réfléchir, sur moi en premier lieu, puis sur tout le reste. Je ne prétends pas avoir compris les rouages des ambassades et du bazar diplomatique que cela engendre d’être si loin de chez soi. Mais j’ai trouvé ça si…dur. Si long ! Je ne voulais pas y croire. Décidément, la justice est quelque chose qui est mise à mal partout.

En résumé, c’est une autobiographie coup de poing. Sans jeu de mot. Elle frappe au coeur et dans l’esprit. Les émotions sont profondes, l’auteur écrit très bien et rend son récit parfaitement vivant. Il mérite d’être connu et que grâce à lui, personne d’autre ne vivent la même horreur.